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Actualités de l'association

Communiqué de presse suite à la conférence de presse du mercredi 27 mai
La captation vidéo de la conférence ainsi que le dossier de presse complet se trouvent en ligne ici
Une coalition d’organisations de la société civile, appuyée par des avocat·es et des spécialistes internationaux dénonce l’insuffisance grave des analyses des autorités et le risque avéré de violations des droits humains au Burundi. Profondément choquées par les renvois forcés vers le Burundi et la mise en œuvre d’un vol spécial le 21 avril dernier, les organisations réitèrent leur appel urgent à une prise en compte des rapports actuels sur la situation dans le pays. Les organisations dénoncent l’usage quasi systématique de l’argument de la vraisemblance pour balayer les dossiers d’asile et effacer d’un revers de main tous les risques encourus en cas de retour. Face à l’obstination déraisonnable des autorités, elles ont rassemblé aujourd’hui des expert·es qui demandent l’arrêt des renvois et la réévaluation de la pratique d’asile.
Fortuné Gaëtan Zongo, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme au Burundi, rappelle que « La Suisse peut avoir respecté l'ensemble des étapes procédurales — délais, auditions, voies de recours — et néanmoins violer le principe de non-refoulement si son évaluation de la situation au Burundi est inexacte, incomplète ou fondée sur des sources qui ne reflètent pas la réalité du terrain. ». Il souligne de nombreuses lacunes dans l’évaluation faite par la Suisse, notamment que « Dans le contexte burundais actuel, le simple fait d'avoir sollicité une protection internationale à l'étranger est perçu comme un acte de déloyauté envers le régime. ». Le simple fait d’avoir demandé l’asile en Suisse expose les rapatrié·es à des risques de persécution, de torture ou de détention arbitraire, indépendamment de leur profil militant.
Emma Lidén, avocate spécialisée en droits humains, rapporte des cas concrets de personnes arrêtées à leur arrivée à Bujumbura, détenues, torturées ou contraintes de payer des rançons. « Certaines personnes renvoyées ont été arrêtées dès leur arrivée […] contraintes de verser de l’argent pour être libérées », indique-t-elle. Elle pointe également « une forme de circularité » dans les décisions du SEM et du Tribunal administratif fédéral (TAF), qui se basent sur des jurisprudences anciennes sans intégrer les rapports récents d’organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International ou l’ACAT Burundi. « Aucun ne mentionne les rapports récents [...] ni les rapports hebdomadaires très détaillés de l’ACAT Burundi », précise-t-elle.
Me Armel Niyongere, avocat, secrétaire général de SOS-torture/Burundi et président de l’ACAT Burundi, met en garde : « Le silence de certaines personnes retournées ne signifie pas absence de risques mais peut résulter d’un climat de peur ». Il explique que les ONG ne peuvent pas toujours divulguer publiquement les préjudices subis pour ne pas exposer davantage les victimes.
Marco Motta, professeur à l’UNIL, témoigne du cas concret d’Ali (nom d’emprunt), expulsé le 16 avril 2026 après avoir été arrêté dans son foyer. « Il est détenu à la prison administrative de Favra puis de Frambois avant d’être transféré, menotté tout du long, à l’aéroport de Zurich », décrit-il. À son arrivée au Burundi, livré sans argent ni papiers, Ali a dû fuir immédiatement la capitale et a été contraint de fuir à nouveau vers un pays voisin moins d’un mois après son expulsion. « Renvoyer une personne au Burundi aujourd’hui, c’est la mettre gravement en danger », affirme Marco Motta.
Eric, nom d’emprunt, témoigne :
« En 2022, j’ai été enlevé par les Services de renseignement au Burundi. Durant trois semaines, j’ai subi des tortures, puis j’ai réussi à m’enfuir. Je suis arrivé en Suisse, où j’ai demandé protection. Le Secrétariat d’État aux migrations a refusé ma demande sous prétexte que mon discours ne serait pas « vraisemblable ». J’ai fait un recours au Tribunal administratif fédéral mais qui n’a pas abouti. Depuis, je vis à l’aide d’urgence, j’ai peur et je dors très mal. Nous qui avons manifesté contre le 3ème mandat présidentiel au Burundi en 2015, nous avons de grands risques de disparations si nous sommes renvoyés au pays. Je demande à la Suisse d’arrêter les renvois vers le Burundi car cela nous met gravement en danger. »
Contacts média : Louise Wehrli +41 76 616 10 85 / Irène Blanc +41 78 708 70 31 / info@rester.ch
Organisations signataires : ACAT Suisse, La Communauté burundaise de Suisse, Droit de rester Vaud, Droit de rester Neuchâtel, Droit de rester Fribourg, Droit de rester Valais, Solidarité Tattes, Bündnis Wo Unrecht zu Recht wird, ExilAktion, Colettivo Resistiamo, Ligue suisse des droits humains – Genève, Plus Fortes Ensemble, Safe(r) Space Neuchâtel, L’AMAR, Centre pour la promotion de l’Ecriture et la liberté d’expression, Solidarité sans frontières, DAS (Dignité Action Solidarité) / WAS (Würde Aktion Solidarität), Coordination asile.ge, Centre social protestant Genève, Caritas Genève, MASM – Médecins Action Santé Migrant·e·s, Elisa-asile, asile.ch, Point d'Appui, Mendrisiotto Regione Aperta, Plus Fortes Ensemble, Migrant Solidarity Network, Bewegungsfreiheit für alle! (Bfa!), ARQ (Association pour Réfugié·x·es Queer et LGBTQIA+), PangeaKolektif, Verein Kunsttherapie Basel, Freiplatzaktion Basel, Solinetz Zürich, Jesuiten Flüchtlingsdienst Schweiz, Verein Chrüsimüsi.
